Bruc est situé à proximité d’une ancienne voie romaine et on sait que les Gallo-Romains construisaient et vivaient dans les vallées, à proximité des cours d’eau, comme l’attestent de
nombreux vestiges de villas romaines découverts dans la vallée du Vern et de l’Isle.
La présence chrétienne, dans ce lieu, date, au moins, de l’an 460. A cette date, l’érudit abbé de Lespine écrit: «… vivait Paulin de Périgueux, plus tard évêque de Périgueux… On
soupçonne qu’il avait une maison de campagne aux environs de Grignols à laquelle il donna son nom et qui s’appelle aujourd’hui Paulignac.
Par la suite les plus anciens seigneurs de la vallée, auxquels les Talleyrand devaient encore rendre hommage au XVIe siècle, pour Grignols, étaient les chanoines de Saint-Astier.
La première mention de l’ église de Bruc date de 1286, dans le testament d’un damoiseau de Grignols, Aimeric Ebrard. C’est déjà l’église de la paroisse.
L’église actuelle, d’un style gothique tardif, date de la fin du XV e, de l’époque où, à Grignols, vivait une famille importante les Belet, fondue dans la famille de Solminihac qui
donna un maire à Périgueux en 1509-1510. En 1520, fut bâti l’ancien clocher et des réparations faites en 5 chapelles
La visite épiscopale de 1689, mentionne : « … Saint Front de Bruc de Grignols, Jean Beaudemont v.p. (vicaire principal ?) M. le Chantre, curé primitif, 4 chapelles, une aux Courtois de la Bastide assez bien, les autres trois en très mauvais estat, les murailles (murs) menacent ruine, n’y a de maison, 140 communiants, les habitants demandent un deuxième prètre ».
Au cours des siècles, Grignols à souffert de presque toutes les guerres : cent ans, guerres de religions, révolte des Croquants, Fronde, Révolution…(voir le n° 1de HisTouArts magazine édité par Grignols Patrimoine). St. Front de Bruc subissait toutes les conséquences de ces batailles. Elle fut plusieurs fois détruite, brûlée, elle servit de grange, de prison…
Vers 1868, l’abbé Bec la fit «reconstruire». Son nom figure sur l’une des clefs
de voûte. Les chapelles funéraires furent alors rebaptisées en fonction des
statues qui y furent placées.
L’on notera que, dans le christianisme populaire de l’époque, les églises et chapelles étaient liées à la croyance en guérisons et protections miraculeuses. Dans l’église St. Front de Bruc à
Grignols, la chapelle Saint Roc de Bruc était sensé guérir de la peste, celle de Saint Sicaire protégeait les récoltes.
Au XIXe siècle elle reçut le magnifique tabernacle du XVIIIe, q
ui a été restauré par l’association.